Une imprimante multifonction s'achète pour cinq ou six ans, mais c'est son usage quotidien, pas sa fiche technique, qui détermine si l'achat sera réussi. Le prix d'achat ne raconte qu'une partie de l'histoire : ce qui pèse vraiment sur la durée, c'est le coût à la page, la technologie d'impression et les fonctions de numérisation réellement utilisées.
1. Réservoir d'encre, cartouches ou laser : la décision qui change tout
C'est le choix le plus structurant, avant même la marque ou le modèle.
- Les imprimantes à réservoir d'encre (Epson EcoTank, Canon MegaTank, HP Smart Tank) remplacent les cartouches par des cuves que l'on remplit avec de petites bouteilles. Le prix d'achat est un peu plus élevé qu'une imprimante à cartouches équivalente, mais le coût à la page devient très bas, souvent dix à vingt fois inférieur.
- Les imprimantes laser monochromes (Brother DCP et MFC) n'impriment qu'en noir, mais offrent une vitesse élevée, un texte toujours net et un toner qui ne sèche jamais, même après plusieurs semaines sans servir.
- Les imprimantes à cartouches classiques (HP OfficeJet Pro) restent pertinentes surtout associées à un abonnement du type Instant Ink, qui facture au volume de pages plutôt qu'au prix de la cartouche.
Pour la grande majorité des foyers qui impriment en couleur, un système à réservoir est aujourd'hui le choix le plus rationnel. Pour un usage presque exclusivement en noir et blanc, le laser reste imbattable. Nous détaillons cet arbitrage dans notre guide réservoir d'encre ou laser.
2. Le coût à la page : le critère qui pèse le plus sur la durée
C'est notre premier critère de notation (25 % de la note), à égalité avec la qualité d'impression. Une imprimante peu chère à l'achat mais gourmande en encre coûte souvent plus cher au bout de deux ans qu'un modèle à réservoir plus onéreux au départ.
Ces chiffres sont des estimations à partir des rendements annoncés par les fabricants pour des cartouches ou bouteilles d'encre standard : le coût réel varie selon le taux de couverture d'encre de vos documents. Nous détaillons le calcul complet, avec des exemples chiffrés par mois et par an, dans notre article combien coûte une page imprimée.
3. ADF, fax, recto verso : quelle polyvalence vous est vraiment utile
Le chargeur automatique de documents (ADF) évite de soulever le capot et de replacer une feuille à la main pour chaque page à numériser ou copier. Indispensable si vous scannez régulièrement des dossiers de plusieurs pages, inutile si vous numérisez seulement une facture de temps en temps.
Le fax paraît daté, mais reste demandé par certaines professions (médical, juridique, artisanat) et par des démarches administratives qui l'exigent encore. Les modèles d'entrée de gamme (Epson ET-2830, Canon PIXMA G3570) n'en proposent pas ; il apparaît à partir du milieu de gamme.
Le recto verso automatique fait gagner du papier et du temps sur les documents longs. Il équipe la plupart des modèles à partir du milieu de gamme, y compris certains lasers d'entrée de gamme comme le Brother DCP-L2622DW.
4. La vitesse d'impression et la capacité des bacs
Les vitesses annoncées, exprimées en pages par minute (ppm), correspondent à des conditions optimales en texte simple et sont rarement atteintes en usage réel, surtout en couleur. Elles restent néanmoins un bon indicateur comparatif entre modèles d'une même technologie. Les lasers et les modèles professionnels comme le Canon MAXIFY GX7050 ou le HP OfficeJet Pro 9022e dépassent les 20 pages par minute en noir (plus de 30 pour les lasers Brother du comparatif), contre 10 à 15 pages par minute pour les modèles à réservoir grand public.
La capacité du bac papier compte aussi : 100 à 150 feuilles sur les modèles d'entrée de gamme, jusqu'à 250 ou 500 feuilles sur les modèles pensés pour un usage intensif. Un bac plus grand se remplit moins souvent, un vrai confort dans un bureau partagé.
5. Wifi, application mobile et simplicité au quotidien
Le wifi est aujourd'hui standard sur tous les modèles de ce comparatif. Les applications des fabricants (Epson Smart Panel, Canon PRINT, HP Smart) permettent de lancer une impression ou une numérisation depuis un smartphone, et souvent de surveiller le niveau d'encre à distance. Sur les modèles HP récents, la configuration pousse fortement vers la création d'un compte HP+ pour débloquer certaines fonctions ou l'abonnement Instant Ink : ce n'est pas obligatoire pour imprimer, mais il faut en avoir conscience avant l'achat.
Les pièges à éviter
- Se focaliser sur le prix d'achat sans regarder le coût à la page : une imprimante à cartouches très peu chère peut coûter plus cher à l'usage en quelques mois qu'un modèle à réservoir plus onéreux au départ.
- Sous-estimer l'utilité du chargeur de documents si vous numérisez souvent des dossiers de plusieurs pages : sans ADF, chaque page se scanne séparément.
- Négliger la disponibilité des cartouches ou bouteilles : vérifiez que les consommables du modèle visé restent faciles à trouver et à un prix raisonnable dans la durée.
- Choisir une imprimante à cartouches sans regarder les abonnements disponibles : un forfait Instant Ink mal dimensionné peut revenir plus cher que des cartouches achetées à l'unité.
- Laisser l'imprimante inactive trop longtemps : les buses d'un jet d'encre peuvent sécher en cas de non usage prolongé, alors qu'un laser ne connaît pas ce problème.
Le coût à l'usage : encre, toner et consommables
Au delà du coût à la page déjà détaillé, prévoyez le papier (le premier poste de dépense réel sur la durée pour un usage intensif), d'éventuelles têtes d'impression de remplacement sur les modèles à réservoir les plus anciens, et le tambour des lasers, à remplacer moins souvent que le toner mais à ne pas oublier. Aucun de ces appareils ne consomme significativement d'électricité : une impression ou une copie représente quelques centièmes de kilowattheure, un poste négligeable face au coût de l'encre ou du toner.
Durabilité et réparabilité
Toutes les imprimantes de ce comparatif bénéficient de la garantie légale de conformité de deux ans. Au delà, deux composants déterminent la longévité réelle : la tête d'impression sur les modèles à jet d'encre, qui peut s'encrasser en cas d'inactivité prolongée mais se nettoie via le logiciel du fabricant, et le tambour sur les lasers, une pièce distincte du toner qui dure généralement plusieurs dizaines de milliers de pages. Les systèmes à réservoir ont un avantage structurel : sans puce électronique sur les cartouches, ils tombent moins souvent en panne pour un simple problème de compatibilité d'encre.
Notre conseil final
Pour un foyer ou un bureau à domicile qui imprime et numérise régulièrement, l'Epson EcoTank ET-4850 reste le choix le plus complet : chargeur automatique de documents, fax, recto verso automatique et un coût à la page parmi les plus bas du marché. Le HP Smart Tank 7305 offre des fonctions très proches, fax en moins, pour un positionnement tarifaire souvent plus agressif : notre meilleur rapport qualité prix.
Pour un budget serré ou un usage plus occasionnel, le Canon PIXMA G3570 conserve l'essentiel des avantages du réservoir d'encre dans un format compact. Pour un usage presque exclusivement en noir et blanc, en particulier dans une profession libérale, le Brother MFC-L2827DW en laser complet ou le Brother DCP-L2622DW en version plus simple restent les choix les plus rentables sur la durée. Enfin, pour un gros volume professionnel, le Canon MAXIFY GX7050 propose le coût à la page le plus bas de tout le comparatif, Ethernet compris.
Si l'imprimante perd régulièrement la connexion au fond du logement, un routeur Wifi mesh règle ce problème plus durablement qu'un simple répéteur d'appoint.
Retrouvez le comparatif chiffré de l'ensemble des modèles ainsi que nos duels et sélections pour affiner votre choix, et notre méthode de test et de notation.